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L’humain d’abord (Human First) : Montpel’libristes acteurs innovants de l’Économie Sociale et Solidaire

mardi 15 mai 2018

Nous connaissons tous, et nous utilisons fréquemment des logiciels libres comme Firefox ou VLC, pour ne citer que cela

Lorsque nous nous posons une question de définition ou nous voulons comprendre quelque chose, nous avons recours très souvent à Wikipédia. Mais qui sait réellement, que tous ces logiciels sont libres, et ce que cette expression signifie vraiment ; pourquoi et en quoi ils sont différents des autres logiciels ?

Sait-on que si, en matière d’informatique, il est coutume de dire ? : « innovation first » (l’innovation d’abord), en matière d’informatique libre, la démarche est différente. Il est plus souvent utilisé l’expression suivante : « human first », c’est à dire l’humain d’abord.

Montpel’libre est une association de loi de 1901. C’est un groupe d’utilisateurs GNU/Linux et de Logiciels Libres (GULL en abrégé) qui fait la promotion du logiciel libre, de la culture libre et des biens communs.

C’est néanmoins un GULL particulier. Cela signifie que cette association réunit à la fois des développeurs de logiciels et de langages libres, mais aussi et surtout, ceux qui, voulant en devenir utilisateurs, ont besoin d’être accompagnés pour cela, et des utilisateurs actuels de tous niveaux : experts, utilisateurs réguliers ou débutants.
Chacun partage ses questionnements, ses compétences, ses trouvailles, ses connaissances, et fait ainsi avancer le Libre lors de permanences ou d’ateliers.
Chacun est aussi libre de participer ou non aux autres activités de l’association (conférences, formations, expertise, événementiel, technique, sécurité, publication), manières différentes de promouvoir le libre.

De plus, contrairement à d’autres Gull, qui se centrent sur un seul logiciel libre (en général Linux), et en font la promotion, Montpel’libre exerce en son sein l’animation de plusieurs communautés du Libre, qu’elle représente en Région : l’April, Framasoft, OpenStreetMap, Wikipédia, Emmabuntüs, PAO, CMS... Elle rencontre régulièrement leur représentants développeurs principaux, elle participe aux conventions nationales et/ou internationales qui leur sont dédiées et en organise certaines, elle contribue sur plusieurs points et de plusieurs manières à leur développement.

Un peu partout et mêmes chez nos pairs, l’expression qui revient le plus souvent pour décrire les Montpel’libristes est « vous êtes des experts et activistes du Monde du Libre », « vous êtes passionnés, habités par ce que vous faites », et parfois même on entend « c’est un feu d’artifice d’électrons libres ». Montpel’libre aime la diversité et regroupe des personnes de tous les âges (notre doyenne à 80 ans, notre plus jeune 8 ans), tous les niveaux de compétences, toutes les nationalités… Et par dessus tout, elle a acquis au fil des années, une réputation de convivialité.

Quand quelqu’un entre à Montpel’libre, il accepte d’appliquer et de respecter une charte qui est une sorte de guide des bonnes pratiques dans le respect des quatre libertés définies pour le logiciel libre. Il accepte donc, quand il anime et/ou participe à une action de Montpel’libre, d’appliquer ces quatre libertés dans la conception de son action, dans sa réalisation, la façon dont il interagit avec les autres membres de l’association comme à l’extérieur, ainsi que sur le rendu de son projet.

Vous l’avez compris, les Montpel’libristes ont l’ESS dans leur ADN, et partage avec elle des valeurs communes parce que le logiciel libre, la culture libre et les biens communs, véhiculent des valeurs proches de celles de l’ESS, hautement compatibles avec elles, sans toutefois être exactement les mêmes. Ils pensent que le logiciel libre est ESSentiel à l’économie sociale et solidaire. D’ailleurs, en 2012, convaincus de cet état de fait, Richard Stallman et Euclides Mance appellent à une collaboration entre libristes et membres de l’ESS.

Les 4 libertés du logiciel libre ont été pensées et portées par Richard Stallman, un développeur internationalement connu, fondateur de la Free Software Foundation.
Le logiciel libre, c’est un logiciel qui respecte les libertés de l’utilisateur, au contraire du logiciel dit « privateur », sous-entendu privateur de liberté d’utilisation.
Le logiciel libre, c’est aussi l’incarnation d’une démocratie active : liberté, égalité, fraternité, dans le numérique. En d’autres termes c’est une posture : une vision nouvelle, plus éthique, juste et humaine de se comporter dans l’informatique, et par ondes de propagation, au-delà.
Les libristes c’est à dire utilisateurs de logiciels libres qui connaissent et promeuvent ses 4 libertés, rejoignent donc, dans l’exercice de leur quotidien, les préoccupations et les valeurs de l’ESS.

Pour comprendre cela, il faut savoir que les 4 libertés du logiciel libre, celles qui doivent être préservées pour l’utilisateur, sont celles qui suivent :

La liberté d’exécuter (dite liberté 0). Selon Montpel’libre, pour exercer cette liberté, il est nécessaire que le logiciel soit accessible. L’accessibilité doit être totale. L’accessibilité doit être technique (l’utilisateur doit pouvoir techniquement accéder à l’écriture du logiciel), juridique (personne ne lui interdit par contrat de le faire) , économique (la plupart des logiciels libres sont gratuits), et humaine (le logiciel libre doit pouvoir être utilisé par tous).

La liberté d’étudier, (dite liberté 1). Il appartient à tous de prendre en main son autonomie numérique, d’exercer une pleine liberté d’utilisation, en d’autres termes, de faire du logiciel qu’il utilise ce qui lui sied. Une documentation assortit chaque logiciel libre et tout le monde peut la trouver. De plus les GULL, répartis dans la plupart des pays et qui ont un ancrage local, même quand ils ont un rayonnement national, voire international, sont des lieux de partage d’information sur ces logiciels, d’installation, et d’apprentissage à leur prise en main.

La liberté de reproduire et redistribuer le logiciel (dite liberté 2). Une fois que nous avons exercé toutes les libertés qui précèdent, nous restituons nos modifications à l’Humanité, de façon à ce que d’autres s’en emparent et construisent au-dessus de ce que nous avons fait.

C’est cette liberté qui distingue le Logiciel Libre du logiciel Open Source, une notion avec laquelle on le confond souvent. Dans l’Open Source, on peut comprendre, étudier le logiciel que l’on utilise, il ne nous est cependant pas obligé de le restituer à l’humanité. En d’autres termes, l’Open Source, c’est « le logiciel libre, moins l’éthique ».

La liberté de modifier, (dite liberté 3). Nous pouvons personnaliser le logiciel libre que l’on utilise. Quand il lui manque une ou plusieurs fonctionnalités et/ou que nous souhaitons le doter d’un design spécifique, nous pouvons le modifier nous-mêmes ou payer un prestataire de service qui le fera pour nous.

Les logiciels libres sont des outils développés pour tout type d’utilisation : informatique personnelle et logiciels métiers.
La puissance du logiciel libre et sa force, résident en partie dans le fait qu’il existe plusieurs outils pour une même utilisation et qu’il nous appartient librement de choisir lequel est le meilleur pour nous.

La Culture Libre est ce qui est issu de la philosophie du logiciel libre.
En effet, pour respecter ces 4 libertés, les libristes ont adoptés une posture, une vision, une démarche, des méthodes de travail et créés une technique, une économie, un Droit, un management, spécifiques, en même temps que des utilisations de l’outil, des actions pour partager nos connaissances et défendre nos libertés. C’est un savoir-faire mais aussi une manière de se comporter.
C’est ce que nous appelons, à Montpel’libre, une Culture Libre. Cette Culture Libre amène à se doter, si nous le souhaitons, a minima, d’une autonomie technique, économique, juridique et humaine, et dans le meilleur des cas d’arriver à une souveraineté technique, économique, juridique et humaine.
Cette culture libre, hautement compatible avec les valeurs de l’ESS, en a aussi les aspects militants.

Les Biens Communs sont selon la classification de l’Empereur Justinien, les biens qui appartiennent à tout le monde et doivent donc être gérés par tout le monde. Bien sûr, pour Montpel’libre, à côté des biens communs environnementaux : l’eau, l’air… on trouve les biens communs informationnels dont le logiciel libre et internet.

C’est pourquoi selon nous, il convient d’apprendre à les respecter, à les entretenir, et de partager de différentes manières les bonnes pratiques pour arriver à les conserver et les améliorer, tout en s’opposant à toutes les actions qui consistent à essayer de se les approprier de façon fermée et de priver ainsi les autres être humains de leur liberté.
Voilà pourquoi Montpel’libre est aussi présent dans les réflexions et les actions relatifs aux droit des données, ainsi que celles défendant un internet libre, neutre et non marchand.

Montpel’libre promeut donc tous azimuts, le logiciel libre, la culture libre et les biens communs et ces activités ESS sont très nombreuses.

Quelques exemples des activités ESS de Montpel’libre.
En fait, toutes les activités de Montpel’libre sont ESS, à bien y regarder, parce que pensées dès l’origine pour respecter la liberté, l’égalité et la fraternité. Fatalement, elles sont sociales et solidaires.
Ainsi, à Montpel’libre, l’accessibilité a-t-elle été mûrie dès l’origine.
L’Accessibilité économique, d’abord, a été voulue. L’adhésion à Montpel’libre se fait pour une somme modique. C’est une volonté de pouvoir être accessible économiquement à tous.
Mais l’accessibilité technique, humaine et pédagogique est également recherchée.
En effet, la fracture numérique ne recouvre pas exclusivement la fracture sociale, même si cette dernière est une part importante de son territoire. Montpel’libre souhaite pouvoir toucher tout le monde. Les personnes fragiles dans le numérique sont celles qui n’ont pas d’argent, mais également celles, quelque soit leurs ressources économiques, celles qui sont technophobes c’est-à-dire ont peur de la technique ou n’osent pas aller vers elle. Toutes celles-là sont pénalisées par la transition numérique. Par l’événementiel, le jeu et les moments de dialogue (permanences, ateliers), nous les aidons à dédramatiser l’approche de l’informatique et à se départir de leurs peurs en même temps que nous permettons à ceux qui n’ont pas les moyens de s’équiper. Nous travaillons pour tous : les hauts profils, les utilisateurs réguliers, comme pour les oubliés du numérique.

Bien évidemment, pour en arriver là, nous avons acquis des compétences et un savoir-faire différents et donc innovants.

Autre exemple, dans nos permanences et nos ateliers nous partageons très souvent un repas tiré du sac.
L’idée est que ceux qui peuvent, veulent, et ont le temps de faire un repas, apportent ce qu’ils ont préparé. Ceux qui ne peuvent pas, ne veulent pas,ou n’ont pas le temps, sont bienvenus autour de la table commune, et doivent se sentir à l’aise de partager ce qui y est. En effet, il arrivera, chacun notre tour, que nous soyons dans une situation qui nous empêche d’apporter un repas. L’important, pour nous, c’est de partager un moment ensemble et de contribuer à enrichir la communauté. Chacun, à sa façon, selon son regard, ses connaissances, ses centres d’intérêts, le temps qu’il a de disponible… le peut. Nous souhaitons qu’il ait la liberté de le faire en s’affranchissant des contraintes économiques ou sociales. Pauvre ou riche, diplômé ou pas, informaticien ou pas, jeune ou vieux, de quelque sexe(s), couleur, religion, pays, il est le bienvenu s’il souhaite partager en respectant l’éthique que nous avons posée. Nous le remercions d’être venu librement vers nous et de contribuer aussi à améliorer le bien commun et les biens que nous mettons en commun.

Ensuite, nous gérons certains parcs informatiques de nos partenaires et adhérents, eux-mêmes acteurs de l’ESS, parce qu’ils ne sont pas en mesure de le faire eux-même ou de payer pour cela. Nous les équipons d’ordinateurs de récupération, y installons des logiciels libres et leur apprenons à les prendre en main, tout cela gracieusement.

Il nous est arrivé aussi, quand nous avons appris qu’une association qui porte de belles valeurs et dont l’action est importante pour de nombreuses personnes a pris feu, de venir spontanément rééquiper ses nouveaux bureaux d’ordinateurs et de logiciels intégrés, puis de leur montrer comment les prendre en main. Nous voulions simplement qu’elle poursuive son action et l’article de journal qui nous a informé de cet incendie montrait qu’elle ne pouvait continuer ses activités, faute d’être équipée en informatique. C’était simple pour nous de le faire, nous avons donc agi.

Un chef d’une entreprise informatique qui nous a observé nous disait dernièrement : « Chez vous, le Libre c’est une philosophie, une posture, une vision, des actions, une manière de vivre ». C’est exactement cela !

Dans le même sens, nous réalisons régulièrement des cartoparties humanitaires.

La Communauté OpenStreetMap de Montpel’libre contribue à améliorer un logiciel qui propose un fond de carte, et donc permet d’établir des cartes personnalisées. Montpel’libre intervient très souvent pour aider HOT (Humanitarian OpenStreetMap Team) dans le cadre des problèmes humanitaires majeurs.
Au départ, nous avons aidé à endiguer le virus Ebola en Afrique, depuis, nous avons participé à reconstruire des cartes, signaler les dégâts, à retrouver des personnes et donc sauver des vies humaines lors du tremblement de terre au Népal.
L’un de nos membres, Cellou Diallo, est Guinéen, il n’a pas supporté d’être en France pendant que sa famille était en danger parce qu’exposée au virus. Il a donc émis l’idée d’aider depuis Montpellier, Médecin Sans Frontière qui, en Guinée, devait parcourir les villages pour mettre en quarantaine ceux qui étaient touchés par le virus et l’empêcher ainsi de se propager. Il s’agissait de faire des relevés de données transmises par les satellites et de les reporter sur la carte OpenStreetMap de la Guinée. L’objectif était d’aider à cartographier le pays pour que les médecins, sur place, puissent savoir à quels endroits se situaient les villages, s’y rendre et mettre en quarantaine les personnes infectées. En deux semaines, avec d’autres contributeurs bénévoles dans le monde, la Guinée a été cartographiée. C’est en grande partie ce qui a permis d’endiguer le virus Ebola. Depuis, la Communauté OpenStreetMap internationale s’est organisée, a trouvé un nom pour ce type d’actions : HOT et s’est dotée d’un website. Elle intervient systématiquement lors des catastrophes humanitaires.

En ce moment, la Communauté OpenStreetMap de Montpel’libre, qui s’appelle HérOSM, cartographie gracieusement les 23 000 bornes à incendie de la ville de Nîmes.
Avant d’aider la ville de Nîmes, nous avons cartographié l’ensemble de la ville de Montpellier en travaillant sur l’accessibilité des commerces et administrations aux Personnes à Mobilité Réduite. En fait, il s’agissait, avec les citoyens de la ville, de vérifier si des personnes handicapées, en fauteuil roulant, peuvent y entrer.
Prochaine étape, le groupe HérOSM de Montpel’libre a été contacté pour travailler sur l’accessibilité visuelle.

Montpel’libre c’est fait une spécialité de ces cartoparties et bien des villes en France ainsi qu’à l’étranger lui demandent comment faire de même. Cette reconnaissance est le fruit d’une longue pratique, elle constitue aujourd’hui l’un de nos modus operandi.

Nous menons aussi des actions avec la Communauté Emmabuntüs.
Emmabuntüs est une distribution Ubuntu spécialisée pour Emmaüs.
Nous proposons une permanence à Emmaüs Saint-Aunès pour aider les compagnons à installer et vendre des ordinateurs équipés de logiciels libres et apprendre aux clients comment les prendre en main.
Nous aidons aussi la Communauté Emmabuntüs en faisant des jerry-parties.
Emmabuntüs est une distribution spécialement développée pour les pays émergents : peu gourmande en mémoire, elle peut tourner sur de vieux ordinateurs. Elle charge les pages internet lors de la navigation ce qui permet, en cas de coupure de l’internet (ce qui est fréquent dans les pays émergents), de continuer à naviguer sur les pages chargées. De plus, Wikipédia est chargé en même temps que d’autres logiciels, ce qui permet d’y avoir accès facilement, dans des pays où il est difficile d’obtenir des manuels scolaires.
Les jerry-parties ou Jerry Do It Together consistent à apprendre à d’autres personnes, adultes, adolescents ou enfants, comment faire, et à faire ensemble un ordinateur dans un jerrycan. Cette activité a été imaginée au départ pour l’Afrique. En effet, sur ce continent, se trouvent d’immenses décharges avec d’un côté des jerrycans en plastiques, de l’autre de vieux ordinateurs dont l’Europe ne veut plus. En prélevant des composantes qui fonctionnent sur plusieurs ordinateurs cassés, il est possible de remonter dans un jerrycan, un ordinateur qui fonctionne. En effet, les brevets déposés par les fabricants de composantes électroniques font que chaque pièce d’une marque d’ordinateur a une dimension précise. On ne peut donc pas la remonter dans une tour d’une autre marque et/ou d’un autre modèle. Dans un jerrycan, on s’affranchit de ces contraintes. Dans une jerry-party, on apprend ce qu’est un ordinateur et comment ses différentes parties travaillent ensemble, on apprend aussi à lutter contre l’obsolescence programmée matérielle et logicielle puisqu’on l’équipe ensuite de logiciels libres.
Une fois l’ordinateur monté, il est possible de le baptiser d’un nom, de le décorer, de le prendre en photo et de le mettre sur un site spécialement dédié à cet effet. Le plus beau jerry est élu régulièrement.
En général, les enfants et les adolescents adorent cette activité.
La dernière action de la Communauté Emmabuntüs, en octobre 2017, a été d’équiper 120 classes au Togo et 2 Chambres de Commerce d’ordinateurs avec des logiciels libres intégrés, de donner au passage 2 500 paires de lunettes et 1,5 tonne de vêtements.

Nous donnons aussi depuis des années toute une série de conférences sur l’hygiène informatique ainsi qu sur le droit des données et le droit au respect de la vie privée, les modèles économique du Libre par l’exemple, les méthodes managériales innovantes et éthiques du Libre...
Nous faisons beaucoup de cinélibres c’est-à-dire de ciné-débats sur les sujets du Libre à Montpellier et ailleurs, pour sensibiliser les citoyens à l’exercice de leurs libertés au XXIe siècle.
Ces actions sont une autre facette du côté solidaire et social : éveiller les consciences, ne pas oublier des personnes sur le chemin de la transition numérique, être inclusif, essayer de prévenir des inégalités potentielles, défendre nos libertés et nos démocraties...

Montpel’libre est donc un GULL qui s’est forgé en 12 ans d’exercice et 10 ans d’existence une large palette d’activités, presque toutes dans l’ESS. Comme le dit sa présentation, « elle se trouve à la jonction des secteurs d’activités du numérique, des industries culturelles créatives, de l’économie sociale et solidaire, du développement durable, de la recherche et formation ainsi que de l’éducation populaire ».

Aujourd’hui, dans le concert ambiant, les difficultés que posent l’utilisation du numérique, la numérisation de nos métiers et de nos sociétés, sont des informations fréquemment véhiculées.

Mais en fait, qui parle de ses aspects positifs ? Qui est prêt à les penser et à s’en emparer ?

Le logiciel libre, la culture libre et les biens communs sont pour l’ESS des leviers forts : ils permettent de s’emparer du pouvoir d’agir, de monter en compétences, d’aller vers une autonomie voire une souveraineté numérique et de faire ensemble ce qu’aucune société commerciale dans le monde, aucun État, ni aucun individu, ne peuvent faire à eux seuls.
Leurs actions communes peuvent être durables : logiciel libre, culture libre, biens communs et ESS font en pratique passer l’humain au premier rang, et, pour exister, se sont dotés de savoir-faire innovants.

L’ESS et le Libre ont donc tout à gagner à communiquer ensemble sur ce que l’un fait avec, pour et grâce à l’autre, et à partager réflexions, outils et actions.

C’est pourquoi, partageant les valeurs de l’Ess, et notamment ce côté « Human First » (l’humain avant tout), conscients que le logiciel libre propose des outils de travail en adéquation avec les valeurs et convictions de l’économie sociale et solidaire, mais (que) les deux mouvements ont encore beaucoup à s’apporter et à apprendre l’un de l’autre », nous souhaiterions que Coventis 2018 soit à l’initiative de ce mouvement.

N’en doutons pas, le rapprochement des acteurs du Libre et de ceux de l’ESS ne saurait tarder et produira, à n’en pas douter, de belles et utiles actions tout en renforçant mutuellement leurs acteurs et filières économiques …

NB 1 : Cet article, écrit à deux mains, est la version courte d’une conférence que nous avons proposé de prononcer, enrichie de développements et d’annotations, pour les Rencontres Mondiales du Logiciel Libre en 2018 à Strasbourg. Nous la mettrons ensuite en ligne sur notre site web.
Le sujet nous semblant intéressant et important, nous proposons, pour les Rencontres Mondiales du Logiciel Libre de la première semaine de juillet 2019, que nous demandons d’organiser à Montpellier, a minima, une journée spéciale dont le sujet serait « Logiciels libres, Culture Libre, Biens Communs et ESS ».

NB 2 : Cet article est sous licence Creative Commons CCBY-SA-NC 3.0
Cela signifie que vous avez le droit de l’utiliser sans nous demander notre accord, si vous l’utilisez à l’identique, en totalité ou en extrait(s), à condition d’en faire une utilisation non commerciale et de nous citer.pour plus d’informations : https://creativecommons.org/licenses/by-nc-sa/3.0/fr
Pour le reste, veuillez demander notre accord préalable : contact montpel-libre.fr.

N’hésitez pas à diffuser ce article largement : à Montpel’libre, nous faisons la promotion du partage de connaissances.

Rédaction : Pascal Arnoux et Myriam Criquet, Montpellier, France le 8 avril 2018.

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