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Quelle est la pérennité des données numériques ?

lundi 11 avril 2011


Une récente émission <http://www.franceculture.com/emission-continent-sciences-quelle-est-la-perennite-des-donnees-numeriques-2011-04-11.html> de France culture a eu pour sujet : "Quelle est la pérennité des données numériques ?". L’invité de "continent science" est Franck Laloë, physicien au laboratoire Kastler Brossel.

"Longévité de l’information numérique : Les données que nous voulons garder vont-elles s’effacer ?"

Frank Laloë a participé avec Jean-Charles Hourcade et Erich Spitz à un rapport pour l’académie des sciences sur la longévité des données numériques dans le cadre du groupe PSN (Pérennité des supports numériques). Ces auteurs mettent en avant qu’il existe deux types de données : celle à conserver sur des temps courts (quelques années) et celles à garder sur des temps longs (dizaines d’années, siècles...). Dans ce second cas, les supports physiques posent des problèmes car ils sont sujets au vieillissement, que ce soit les disques optiques ou les disques durs.

Au cours de cette émission a été pointé du doigt l’importance de conserver les données dans le domaines scientifiques (CERN, mission Apollo, données sismiques...), ne serait-ce que pour revérifier des calculs (histoire des sciences...) ou pour tester de nouvelles approches. L’invité discute par ailleurs des moyens de sauvegarder les données et leurs limites.

Le rapport a conclu la chose suivante (tiré de cette page <http://bbf.enssib.fr/consulter/bbf-2011-01-0091-005>) :

En conclusion, le rapport souligne que la « préservation active » semble la solution « pour le moment la plus sûre », mais qu’« elle n’est cependant probablement pas transposable à l’échelle de tous les besoins, y compris familiaux et personnels ». Les auteurs proposent quatre recommandations de bon sens : « débloquer les études sur le sujet », en engageant « rapidement une étude réellement scientifique des phénomènes de vieillissement des supports… visant à dégager des recommandations fiables en matière de standardisation des formats de supports d’archivage longue durée » ; « éviter la perte des compétences dans le privé et le public, en favorisant “des actions conservatoires” pour les dernières équipes de R & D [Recherche et développement] qui sont compétentes dans le domaine » ; « favoriser l’innovation et l’apparition d’une offre industrielle de qualité », pour permettre l’émergence de solutions industrielles visant à « la réalisation de disques optiques numériques enregistrables de très bonne longévité » ; « élaborer une véritable politique d’archivage numérique », en évaluant notamment « l’intérêt d’une mutualisation des moyens, dans la perspective d’une stratégie active à l’échelon national ».

Et le format ?

Malheureusement, ce rapport semble (je ne l’ai pas eu entre les mains) totalement oublier la problématique du format des données. Pérenniser le support physique, matériel est bien sûr la problématique fondamentale, mais une fois celle-ci entamée arrive aussitôt le soucis du format. Conserver les données dans un format fermé est très dangereux car rien n’assure de pouvoir relire ces données. Seul un format ouvert le permet : en connaissance la manière dont est organisé un fichier, un outil pourra toujours être développé pour le manipuler.

Bref, utiliser un format fermé, c’est effacer tout de suite les données que l’on voulait garder.

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